5 Août 2021

« ils ne se révolteront que lorsqu’ils seront devenus conscients et ils ne pourront devenir conscients qu’après s’être révoltés »    ( George Orwell-1984 )

Les virus du gauchisme 1

« la mise en parallèle des mesures macroniennes sur le passe sanitaire et le génocide hitlérien n’est pas ‘ largement excessive ‘, elle est ‘ abjecte ‘, ‘ dégueulasse ‘. »


Le gouvernement a décidé d’instaurer l’utilisation d’un passe(port) sanitaire en ce mois de juillet 2021 afin, disent-ils, de juguler l’épidémie de Covid 19 en « en faisant porter tout le poids sur les non vaccinés », dixit notre président. Certaines personnes opposées à celui-ci l’ont comparé à l’étoile jaune arborée aux fins de discrimination des juifs par les nazis pendant la seconde guerre mondiale. Les termes de cette comparaison ont, en général, paru extrêmement déplacées. Par ailleurs, une frange, particulièrement dans un milieu de gauche radicale, n’a cessé de surenchérir : non, pas seulement déplacée mais « abjecte », « dégueulasse ». Et ainsi crescendo. Trouvera-ton des mots assez forts pour dépeindre l’horreur dont les accusés se sont rendus coupables ?

Cette avalanche de superlatifs est-elle tout simplement une inclination à l’excès dans un milieu qui, incapable de garder le calme nécessaire à l’analyse, s’égare parfois dans l’excès ? Ou bien d’autre chose.

Pour beaucoup, la mise en parallèle des mesures macroniennes sur le passe sanitaire et du génocide hitlérien est largement excessive – du reste, on n’a plus vu ces étoiles dès la deuxième manifestation. L’image qui confond l’entrée d’un camp de concentration – ou plutôt d’extermination – au passe sanitaire est tout à fait indécente. L‘entrée dans le camp d’Auschwitz équivalait à la mort atroce dans les chambres à gaz. Alors que la discrimination des non vaccinés conduit à une vie sociale amputée de certains accès passant jusqu’à présent comme tellement ordinaires que certains considèrent cette exclusion comme abominable. Ceci dit, nous entendons bien que, comme disait Talleyrand, « tout ce qui est excessif est insignifiant. » Il est vrai que, pour certains opposants à cette mesure du gouvernement de Macron, on dérive beaucoup sur le sens des mots et on met sur le même plan des choses qui se situent sur des degrés bien différents. Sans compter que les croyances naïves de nature à enflammer ces très nouveaux ‘ militants ‘ trouvent un terrain propice dans un milieu bien peu politisé.

Que penser maintenant de ceux qui surenchérissent dans leurs critiques avec des propos qu’on peut aussi considérer comme outranciers. Abject, dégueulasse, avons-nous noté mais aussi scandaleux, inepte, etc. (sans oublier « tristes clowns », bien sûr). Ne pourrait-on pas utiliser la phrase de Talleyrand pour ceux-là aussi bien ? Cette volonté de désigner ce genre de dévoiement comme l’infamie la plus grave n’est-elle pas aussi tout à fait excessive ? Ne révèle-t-elle pas quelque chose qu’ils voudraient passer sous silence ?

Dans un milieu de contestataires forcenés il faut, pour s’aligner sur les mêmes positions que celles du gouvernement, trouver de bonnes raisons. Bien grosses, bien lourdes. Les opposants auxquels on ne voudra absolument pas se joindre doivent passer pour des fous, des idiots, des malades mentaux, ou… encore bien pire : des fachos !

Tout d’abord, ce si évident malaise subi est la marque de notre triste époque. Mon ressenti, c’est mon droit ! Comme disent les woke, auxquels souvent ils emboîtent le pas. Ils s’estiment en droit de disqualifier tous ces gens qui manifestent contre le passe car cela les offense de voir des étoiles ou des photos de camp. Mais au delà de ces images, ils pensent sincèrement inutile d’aller voir au plus près ce qui se passe dans les manifestations. Rien ne les pousse à aller au-delà de leur …sensation de dégoût ! « Ces « gens-là » [les antivax, comme ils les appellent] sont tellement fous que je ne peux pas manifester avec eux. » Voilà où ils en sont. On peut se demander s’il n’y a pas autre chose sous ce malaise qu’ils manifestent avec ostentation.

Ces opposants « ontologiques » ne trouvent pas leur place dans ces manifestations car ils sont, tout simplement, partisans de la politique gouvernementale. Pour la vaccination assurément – …obligatoire ? On ne sait pas ! – mais sans aucun doute contre cette contestation (« Celles et ceux qui ont choisi de ne pas se faire vacciner ne risquent pas d’être raflé·e·s, déporté·e·s et exterminé·e·s. Tout au plus risquent-ils de finir leur existence dans un service de réanimation, aux frais du contribuable, en contribuant à l’épuisement du personnel soignant. [1] On aimerait qu’ils aient la décence d’éviter de nous pomper l’oxygène dès maintenant ! »). Et ils sont favorables à la « guerre » contre le virus mais aussi contre les fous qui ne veulent pas se faire vacciner… et même contre ceux qui sont contre le passe sanitaire sur lequel …ils n’estiment pas nécessaire qu’ils émettent un avis. Ce sésame ouvre-toi qui ressemble au « crédit social » instauré en Chine.

Fondamentalement, ce qui empêche ces gens de se joindre aux manifestants est qu’ils sont largués par le peuple qui refuse d’entendre leurs arguments et n’adopte en rien leurs points de vue.

Se joindre au peuple est impossible car il faudrait renoncer à quelque chose pour eux essentiel. « on est en droit de préférer son lit douillet ou ce qu’on voudra, sans qu’il soit question de « pureté immaculée » et de « tour d’ivoire » », disent-ils. Or, ce qui les empêche de rejoindre ce mouvement, c’est AUSSI leur incapacité à trouver une quelconque place au milieu de ce peuple qu’il trouve trop niais. C’est clair et c’est le fond du problème ! Retour à la phrase d’Orwell : « ils ne se révolteront que lorsqu’ils seront devenus conscients et ils ne pourront devenir conscients qu’après s’être révoltés » ( 1984 )

Pourquoi donc ne sont-ils pas dans ce mouvement-ci – comme ils ont dédaigné les Gilets Jaunes, au moins au début ? Avec ceux, précisons, qui luttent pour le droit à ne pas se faire vacciner ou à avoir une existence sociale sans les entraves que le pouvoir veut y mettre. Il leur est impossible de se trouver une cause commune qui justifierait qu’ils se souillent à leur contact. Car ils ne se révoltent pas pour de bonnes raisons : le prix du gazole est un objectif dérisoire, disaient beaucoup de gauchistes pour les Gilets Jaunes ! Certes, mais ces GJ ont compris bien des choses en combattant pour le prix du gazole.

Après quelques semaines, ces gauchistes radicaux se ruèrent dans les manifs pour y crier leurs slogans ! Voilà bien une des raisons pour laquelle les gauchistes – anars ou pas ! – sont des ennemis de la réalité. Les gens, les humains tels qu’ils sont, dans la réalité de leurs actes ne les intéressent pas. La seule réalité qu’ils connaissent, c’est celle de leurs propres désirs (pour les plus insensés) et de leurs propres théories (pour les plus prétentieux). Avec le délire d’être précisément « propres » au sens assez strict du terme. Quelle volupté de se sentir du coté de la « juste lutte » ! comme disaient les gauchistes des années 70. Être du bon côté est bien suffisant. Aujourd’hui, le vocabulaire change mais le fond est identique : il faut être « politiquement correct », comme disent les postmodernes woke, cette espèce d’éveillés dont le jugement est chloroformé par le verbe ronflant de leurs maîtres à penser.

On peut entendre des choses comme : « Tu me permettras quand même de choisir ma révolte. Je te laisse volontiers celle-ci. » Sauf qu’évidemment …on ne choisit pas « sa » révolte ! Une révolte populaire – c’est de cela qu’on parle ici – est, par définition, collective et elle est là, devant nos yeux, à nos portes. On emboîte le pas ou bien on choisit de rester chez soi, c’est sûr. Libre à chacun. Le pire est que ceux-là ne font pas le moindre pas dehors, ne serait-ce que pour y voir plus clair ; ils se contentent de répéter ce qu’ils voient à la TV ou sur les rézossocios. Comme précisément ceux dont ils critiquent d’ordinaire le conformisme navrant. Voilà de bien étranges révolutionnaires !

Que fait-on quand on adhère à un mouvement populaire. Si l’on se bat pour une cause et non pas pour se faire valoir dans le camp du Bien, il faut faire des « ajustements » avec ceux avec lesquels on combat. Voir si la lutte dans leurs rangs a quelque chose d’émancipateur ou pas. « Cela nous rend-il plus humain ? » disait Orwell.

Avec les Gilets Jaunes, on pouvait parfois entendre des ragots et des discours stupides. Nonobstant une hargne tenace contre le pouvoir et même le système social qu’ils vivaient comme oppresseur les Gilets Jaunes n’avaient pas, eux non plus, dans leur grande majorité, d’analyse politique précise. Ça n’empêche pas d’y aller apporter d’autres discours, critiquer et refuser certaines pratiques (quand la discussion est possible, ce qui ne fut pas toujours le cas – une critique du mouvement des GJ reste à faire !). Mettre ainsi sa pierre à l’édifice.
Rien de cela chez nos révolutionnaires qui ont choisi de rester à la maison ce coup-ci encore. Et la caricature est parfois très grosse. « Il semble que parmi tous les droits menacés, celui du « droit au bistrot » soit davantage mobilisateur que les autres. » Et les exemples des accusations de ce type sont toujours les mêmes ; que ça vienne des macronistes ou du côté de nos radicaux demeurés à la maison. En réduisant un mouvement à un flot d’imbécillités ( soigneusement sélectionnées) on le disqualifie mais on ne fait pas face à la réalité – qui « a la tête dure » – on ne fait que lui tourner le dos.

Le problème contre lequel on se heurte ici est donc fondamental : faut-il prendre les gens comme ils sont et discuter avec eux, débattre, mettre en avant nos arguments, notre point de vue ou bien faut-il regarder de haut tous ces « tristes clowns » incapables de penser la réalité ( alors que nous, les bons, les conscients, en sommes capables ) et de prendre les BONNES options (…qui sont les nôtres, bien sûr ! ) ? Tel pourrait être leur questionnement. À croire certains radicaux restés couchés, on se dit que la route est vraiment étroite pour qu’une révolte leur plaise. Leur ‘théorie’ non seulement ne les aide pas mais – bien pire ! – les empêche de voir ce qui se passe d’émancipateur sous leurs yeux.

Il y a donc – de notre part – de quoi trouver indécent le fait de rester à la maison alors que les gens se révoltent contre la politique autoritaire de la macronaille. C’est une révolte contre un régime de plus en plus autoritaire imposant un passe sanitaire. Cette espèce de machin informatique qui emmagasine et dévoile notre parcours médical – une partie seulement, disent-ils ! mais c’est toujours ainsi… au début.[2]

Fondamentalement, les manifestants s’en prennent à la ségrégation à l’entrée de certains lieux, dans certaines activités. Aux cris de « Liberté ». Voilà qui est une rupture avec l’inertie tout de même ; on se rappelle que tout le monde s’était docilement confiné pendant plusieurs mois l’an dernier. Et, en tous cas, voilà des cris qui pourraient faire prêter l’oreille à des anti-autoritaires, par exemple. Mais non, on regarde ça de loin et avec mépris.

Vraiment il n’y a pas grand-chose à espérer du coté de ceux qui évitent soigneusement de se mêler au peuple à chaque fois qu’il se réveille. Il faut garder notre énergie pour expliquer nos positions car aujourd’hui ceux qui se réveillent et vont manifester sont très peu politisés. Ils ont certainement des choses à apprendre dans leur lutte …et nous aussi !

 

Note 1 : sous entendu : les vaccinés, eux, n’encombrent pas les urgences – il suffit de voir ce qui se passe en Israël pour s’apercevoir que oui, les vaccinés sont aussi, bien souvent, malades du covid ! Voir L. Mucchielli. Au moment où cet article doit être publié voici qu’on apprend que médiapart, le fier média de gauche qui se targuait – et se targue toujours contre toute évidence – d’être pour la tolérance et le dialogue vient de « dépublier » (sic) l’article de Laurent Mucchielli qui expliquait les dégâts, relatifs mais bien réels, créés par la vaccination. « Dépublier » est un euphémisme pour « censurer », tout le mode aura compris, médiapart ne voulant pas assumer d’être ce qu’ils sont : des censeurs.

Note 2 : Le fichier de police fait au départ pour les pédophiles s’adresse maintenant à un public bien plus large. Celui des manifestations politiques ou syndicales notamment.

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6 août 2021

Les virus du gauchisme 2

 

J’ai reçu hier un texte de Michel Lepesant et Aude Vidal paru sur le site internet Reporterre que vous pouvez lire à cette adresse : https://reporterre.net/La-democratie-sanitaire-c-est-quand . Ce qui suit en est une critique. Le jeudi 5/08/2021 la situation est – sans surprise – bloquée par le Conseil Constitutionnel. Plus aucun recours légal contre le passe sanitaire. Des manifestations sont prévues samedi 7/08/2021…

  • « La crise du Covid-19 nous confirme que la poussée autoritaire n’est pas le seul fait de l’extrême droite — au pouvoir ou à ses portes dans de nombreux pays d’Europe (Italie, Pologne, Hongrie, Espagne…) », est-il écrit dans ce texte.

On débute avec une belle naïveté en s’étonnant que le libéralisme pourrait glisser (une dérive… accidentelle ? ) vers un régime autoritaire (1). La Chine dont le système économique est libéral depuis des décennies a un régime politique des plus autoritaires. Et rien ne dit que ce mode de gouvernement ne pourrait pas s’exporter.

L’article montre un alignement idéologique sur la vision libérale des sphères ouest européennes qui opposent les régimes « libéraux » de l’ouest et « illibéraux » de l’Est de l’Europe et montre qu’on reste dans une problématique assez banale… la gauche n’est pas morte. Visiblement.

  • « Les 100 000 morts françaises des douze premiers mois de la pandémie sont niées ou jugées insignifiantes — « parce que tu crois aux chiffres, toi ? » —, sinon normales — « puisqu’il faut bien mourir un jour ». »

Ces auteurs opposent effectivement les gens bien – eux – et les beaufs climato sceptiques ET niant que le covid a fait des morts. Avant de dire que le nombre de morts est insignifiant ou pas, il faudrait d’abord ne pas évacuer immédiatement – sous prétexte de sacrilège contre la pensée unique – tous les questionnements sur le sujet. Et des réponses claires à cette question, il y en a ! Je renvoie aux études statistiques faites sur le sujet, notamment sur le site Décoder l’éco …à moins qu’il soit interdit d’en parler, bien entendu. Ce qui, avec les aboyeurs-décodeurs du Monde et de Libération, ne serait pas exclu !

Ajoutons au cas où les duettistes n’auraient pas saisi, qu’il est vrai qu’il y a eu des morts du covid, que cette maladie n’est pas une vue de l’esprit et qu’elle peut être grave et mortelle. Je ne vois personne qui nie cela. Le problème est ailleurs… pour tout le monde. Même (…surtout ) dans les manifestations.

La question que beaucoup se sont posée est : peut-on utiliser nos savoirs pour réfléchir et proposer des évaluations, des statistiques, des compréhensions, etc qui soient en contradiction avec celles émanant des autorités ou de ses nombreux satellites médiatiques et politiques ?

Le sentiment de la plupart des gens est que non, que dans la logique du gouvernement mais aussi de tous ceux qui s’accordent avec lui peu ou prou il faut participer à la chasse à toute pensée déviante. Dans un combat permanent. (2)

Bien évidemment, si Macron a parlé dès le début de « guerre », ce n’est pas un hasard. Dans une guerre, ceux qui ne sont pas avec nous sont des ennemis et doivent être combattus comme tels. Nous en sommes là depuis un an et demi. Quand on nous dit dans cet article que l’on devrait – j’adore le conditionnel ! – pouvoir débattre avec des « informations claires et partagées, y compris bien sûr scientifiques », je me dis que cette affirmation bien légère ne prend absolument pas en compte les arcanes des milieux scientifiques empêtrés dans leurs intérêts de caste, leurs intérêts financiers, et les milieux médiatiques et politiques ne sont pas en reste. Quel débat pourrions-nous avoir alors que de grands coups de com ne cessent d’être lancés par tous ces politico médiatico médicaux qui semblent bien d’accord pour brouiller la circulation de l’info et empêcher la contestation dès qu’elle apparaît. Combien de sites, d’articles ont été censurés ! (Médiapart récemment avec l’article de L. Mucchielli sur les problèmes posés par l’injection du vaccin). (3) (4)

  • « c’est l’idée même de mesures collectives destinées à prendre soin de la santé de tous et toutes qui est jugée en soi inacceptable »

Il faudrait se poser quelques questions : qui donc a interdit aux médecins de soigner dès le printemps 2020 ? d’utiliser des médicaments utilisés dans une multitude de pays du Tiers Monde qui ne sont pas si regardants ? Qui a falsifié des études jusque dans les hautes sphères des ‘prestigieuses’ revues médicales pour nuire à des évaluations de ces médicaments ? Qui a raconté des bobards surréalistes sur les masques, les tests, etc ? Et l’on devrait, selon les auteurs du texte, oublier tout ça et se concentrer sur la vaccination pseudo obligatoire et la stratégie gouvernementale ? Accepter que telle soit la seule et unique solution au problème qui nous est collectivement (oui, collectivement, bien sûr !) posé ! voilà qui est étrange.

Les auteurs n’ont qu’une vision biaisée de la situation : d’un côté, les individualistes qui veulent leur liberté (sans s’occuper des autres) et, de l’autre, les altruistes soucieux du bien commun qui, grosso modo, suivent les consignes gouvernementales (même si on émet quelques critiques sur celles-ci… pour faire bon poids, ne pas paraître trop favorables au gouvernement, tout de même !). Ils veulent voir la réalité en blanc et noir ; eux, sont les représentants du Bien et les autres, critiques et manifestant cette critique, sont ceux du Mal. À caricaturer de la sorte on évacue la réalité. Cependant, cette réalité est là et elle a la tête dure !

  • « ces ultralibéraux hyperindividualistes … ont trouvé des relais chez celles et ceux avec qui nous avions, il y a encore peu, tant d’affinités politiques ».

Toujours dans l’incantation contre les « ultra » libéraux ? c’est bien ainsi qu’on reconnaît la gauche qui, ne voulant plus condamner le libéralisme, se contente de conspuer l’ultra libéralisme ! Et des libertariens, allons donc.

Je ne compte pas parmi « celléceux » avec qui vous aviez tant d’affinités, sans doute. Mais je suis avec ceux qui se défendent bec et ongles contre le pouvoir qui veut contraindre tout le monde à rentrer dans le rang. Et il ne s’agit pas, ni pour moi ni pour la plupart de ceux qui manifestent, de s’en tirer tout seul (…en disant : merde pour les autres ! …qu’est-ce qu’on ferait tous ensemble dans les manifestations, alors ?).

Il s’agit de commencer à assumer qu’on ne veut plus se laisser tondre. Ce qui se met en place – n’en déplaise à ces gens très tolérants vis à vis du pouvoir – c’est un système autoritaire, comme dit dans l’article de Reporterre. Sauf que, ce qui vous échappe, chers auteurs, c’est que l’évolution de ce système n’est pas seulement un accident du fait de la malignité de notre cher Macron, mais bien une évolution lourde de nos sociétés libérales depuis longtemps maintenant. À preuve bien sûr, le fait que la crise (sanitaire et politique) est mondiale et que toutes les sociétés occidentales réagissent à l’unisson (ou presque). Ce qui pointe le bout du nez, à travers l’atomisation de chaque individu et l’informatisation de toutes les activités sociales, c’est, au-delà du passe sanitaire, un « crédit social » chinois …à la française. Une structure de surveillance de tous et capable de sanctionner les déviants (ceux qui ne se font pas vacciner, par ex, alors qu’il y a obligation). Ce qu’on voit en Chine est de fait tout à fait compatible avec l’économie, la croissance, etc. La « fenêtre » qu’il ne faut pas manquer et dont parle Klaus Schwab, éminence grise de Davos, doit permettre l’accomplissement des changements qualitatifs jusqu’alors impossibles à mettre en œuvre du fait de la résistance des peuples : ça ne doit pas être raté. Les divers pouvoirs s’y emploient. C’est cette situation que nous vivons aujourd’hui.

  • « Nous prônons donc une démocratie sanitaire, dont les débats contradictoires seront fondés sur des connaissances mieux diffusées, plutôt que sur des « certitudes » ânonnées sans relâche comme des dogmes »

Prônez donc. Qui serait en désaccord avec cette initiative, de toute façon ? Le pouvoir macronien pense qu’il est bien trop bon de ne pas (encore) réprimer les manifestants. L’électorat de Zeus, le bobo président, réclame la répression. Question stratégie pour gagner le pouvoir, ce monsieur s’y entend. Il est armé d’une cohorte de professionnels de la communication. La route est tracée maintenant.

Votre catéchisme de gauche, m’sieu-dame ( ma façon d’être inclusif ) les auteurs – comme à chaque fois – indique que vous avez quelques décennies de retard. Le débat démocratique sur la santé ? Mais qui peut l’organiser ? Qui peut l’imposer  ( dirons-nous, pour paraître plus « militant ») ? les régimes libéraux ne le sont plus ( l’ont-ils jamais été ? ) et ils veulent maintenant imposer sans faillir leur volonté : c’est la guerre, m’sieu-dame, et l’enjeu est médical et scientifique ; donc il n’y a que du vrai et du faux. D’après eux. Ils nous l’assènent en permanence. Dans cette mesure, l’occasion est rêvée de passer en force car ils ont réussi à faire croire qu’ils avaient raison à une majorité de ce peuple. Pauvres de nous !

Note 1 : Pourtant, Bernard Charbonneau nous avait prévenu depuis des lustres.

Note 2 : Dès que quelqu’un de poids – un médecin, un scientifique, un universitaire – met en doute la version officielle, les chiens sont lâchés. Dernier lâcher en date, Midi Libre, jamais en reste, nous transmet ce que l’Ordre des médecins qui n’en est pas à sa première infamie raconte sur le compte d’un médecin qui prend la parole lors des manifestations montpellieraines. C’est pas de la tarte.

Note 3 : Devinez de quel côté jouent les fessebouc, les touiteur, et toutes ces boites à gros débit et à grosses finances ? Profession de foi : le pouvoir a raison. Et ils censurent comme non scientifique et donc feillequeniouze tout ce qui s’y oppose. Qui veut débattre ?

Note 4 : Dans l’hebdomadaire Marianne du 19/08/21 on apprend que  » Louis Fouché est le médecin réanimateur qui a fondé le site de désinformation Réinfo Covid, l’un des principaux pourvoyeurs de fausses informations sur la pandémie de Covid 19. «  …Rien que ça ! Comment est-il possible d’en arriver à un tel parti pris ? Est-il possible encore dans cet état de déliquescence de la pensée de discuter vraiment sur des données scientifiques ? Cela semble à beaucoup ne plus relever du journalisme mais de la manipulation. Et, bien entendu, le cas de ce journal (de gauche) n’est pas un cas isolé. On est dans un feu roulant et permanent de dénonciations calomnieuses de tout avis déviant de la doxa macronienne. La société est en proie à la paranoïa. La première chose consisterait d’en prendre acte si on veut …débattre !